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BORD D’EAU CHARTRONS
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REQUIEM POUR UN FRELON (Page quartier Bacalan/Chartrons Sud Ouest du 29 avril 2008)

APICULTURE.
Des ruches menacées
Jean-François Cirette, apiculeur à Montpon, propose au marché des Chartrons, chaque dimanche, les produits issus de ses ruches
Par : Isabelle Camus
Bordeaux Quartiers
Albert Einstein aurait dit un jour : « Si les abeilles venaient à disparaître, l’homme n’aurait plus que quatre années devant lui. Sans abeilles, plus de pollinisation, plus de plantes, plus d’animaux, plus d’hommes ».
Jean-François Cirette fait donc partie des bienfaiteurs de l’humanité, il est apiculteur.
Agé de 59 ans, il a eu ses premières ruches à l’age de 12 ans.
Initié par un père, dont les 91 printemps et le visage sans ride sont une publicité éclatante pour les bienfaits des produits de la ruche (miel, pollen et propolis) il voue sa vie à une activité où la passion et l’intégrité le disputent au métier, dont il sait partager, généreusement et sans retenue, la richesse et les secrets.
Ses 500 ruches sont disséminées dans des régions différentes, sur 30 emplacements choisis avec exigence pour leur qualité, afin d’éviter les risques de contamination et de pollution. Pour Jean-François Cirette le bien-être de ses abeilles est primordial.

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Frelon asiatique.
Mais, il faut l’avouer, une abeille heureuse semble, de nos jours, de plus en plus rare. Entre les pesticides, les OGM, les ondes téléphoniques, le stress, l’élevage intensif, les acariens parasites, l’urbanisation,… les menaces ne manquent pas contre ces insectes dont on observe des phénomènes de disparition inquiétants avec des pics dramatiques. D’autant plus qu’à une liste déjà longue, se rajoute, depuis quelques mois, l’invasion du frelon asiatique qui fait un véritable carnage dans les rangs de nos amies pollinisatrices, garantes de la biodiversité et de la reproduction des arbres fruitiers, pour ne donner qu’un exemple.
« Le frelon asiatique a été importé, accidentellement, via une importation de bois exotique et de poteries », explique Jean-François Cirette. « Sa colonisation a été fulgurante. Comme tous les cas de figure d’invasions provenant d’ailleurs, les prédateurs naturels sont souvent insuffisants voire impuissants. Le pic-vert peut ralentir sa reproduction mais pas l’enrayer car l’envahissement est trop fort ».

Piéger les reines.
Heureusement, les contre-feux s’organisent et une lutte, aussi ingénieuse que naturelle, il faut le souligner, se met en place grâce au piégeage des reines, fondatrices des nids. « La plupart des frelons sont, actuellement, morts, ne subsistent que les mères. Les piéger, c’est empêcher la reproduction ». Pour ce faire, une simple bouteille en plastique, un peu de boisson sucrée, un raccord PVC, du fil de fer, de la colle, une grille métallique et une planchette de bois sont nécessaires pour réaliser l’arme fatale chargée d’attirer les pondeuses. Les insectes plus petits peuvent, quant à eux, s’échapper par des trous à leur taille.
Le Conseil général de la Dordogne, très sensibilisé au problème et rejoint par d’autres départements propose ces modèles très simples à dupliquer.
Jean-François Cirette a déjà posé une quarantaine de pièges. En évaluer l’efficacité ne pourra se faire que dans plusieurs mois. En attendant, il faudra faire avec cette nouvelle problématique et les abeilles, tant qu’il en reste, devront, une fois de plus, faire appel à leur qualité de résilience.
De leur survie, dépend la notre.

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