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BORD D’EAU CHARTRONS
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IL FAUT SAUVER COLINE IN ZE CORNER, MAGAZIN DE JOUETS IN ZE CHARTRONS

COURS PORTAL. Christine Molines dirige la boutique de jouets Coline in ze Corner, menacée suite à un litige. Histoire

Coline en péril

:Isabelle Castéra

Christine Molines a travaillé près de dix ans pour créer sa petite boutique de jouets. Elle l’a appelée Coline in ze corner : le prénom de sa fille, au coin coline-in-ze-corner.jpg du cours Saint-Louis. En 2006, elle quitte ce petit coin de rue mal desservi, pour s’installer quelques mètres plus loin, cours Portal. Et là ?
« J’avais un contrat sous forme de bail commercial avec le propriétaire, pour une période de neuf ans avec tacite reconduction, commente Christine, avec possibilité de renoncer au bail au bout de trois, six ou neuf ans. La boutique n’a pas marché cours Saint-Louis, pas assez commerçant. J’étais en déficit. Alors, j’ai trouvé un local, cours Portal et j’ai dénoncé mon bail au terme des trois ans légaux, en 2006. Six mois avant, j’avertis le propriétaire de mon intention de partir, par lettre recommandée avec accusé de réception. Le délai était légal, la forme aussi, enfin il me semblait. »

Un bail mal dénoncé. Après deux années d’installation difficile, cours Saint-Louis, Christine Molines s’installe sur un site très commerçant et la clientèle ne tarde pas à suivre. « N’empêche, explique-t-elle, compte tenu du déficit antérieur, j’arrivais à peine à tenir la tête hors de l’eau. Pendant dix mois, comme le veut la loi, j’ai continué à payer le loyer du cours Saint-Louis, en plus du nouveau, cours Portal. Je n’ai jamais triché. »

« Christine Molines est contrainte de payer le loyer d’un local commercial, vide depuis deux ans, dont elle n’a plus les clés »

Pourtant, l’avocat de la société propriétaire du local du cours Saint-Louis, SCI du 8, contacte Christine pour l’informer que le bail commercial a été mal dénoncé. Qu’elle n’aurait pas dû le dénoncer par lettre recommandée, mais par huissier.
« Je ne le savais pas, admet Christine Molines. Faute de forme certes. Du coup, on nous demande de payer les loyers de Saint-Louis jusqu’en août 2008. Entre temps, j’avais aussi contacté un huissier qui avait convié le responsable de la SCI à une remise des clés du local. Bonne et due forme. Il n’est pas venu. »
Aujourd’hui, Christine Molines est contrainte de payer le loyer d’un local commercial, vide depuis deux ans, dont elle n’a plus les clés. Le propriétaire en raison d’une erreur de forme (envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception au lieu d’une convocation d’huissier) a choisi de prolonger le bail de trois ans de plus. « J’y arrive plus, assure Christine. Mon entreprise tient sur un fil. Avec tous ces frais en plus, je suis en train de couler. Coline est menacée de dépôt de bilan. Si je ne peux financer le stock, je meurs. »

« Dommage d’en arriver là ». Joël Aunos, gérant de la SCI du cours Saint-Louis, ne veut pas parler de ce dossier. « Dommage d’en arriver là, déplore-t-il, nous aurions pu nous arranger autrement », lâche-t-il, lapidaire.
Coline in ze corner a lancé une pétition dans le quartier, afin de sauver sa peau. Christine parle « d’abus de confiance ». « Quoi qu’il en soit, ma trésorerie s’effondre. J’ai l’impression d’être au coeur d’une vieille histoire, le pot de fer contre le pot de terre. J’ai tout donné dans mon entreprise et je suis assignée en justice pour une faute de procédure banale et sans conséquence ? ».

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