Réponse Alain ROUSSET concernant le Projet de loi sur les OGM
Madame, Monsieur,
Vous avez souhaité me faire part de votre inquiétude concernant les
risques que sont susceptibles d’entraîner les cultures d’OGM sur notre
environnement et la santé de nos concitoyens.
Compte tenu des doutes sérieux émis par les scientifiques sur les
incidences environnementales du maïs OGM MON 810, nous pouvons nous
féliciter qu’en application du principe de précaution, le Gouvernement
ait décidé de suspendre « provisoirement » sa culture.
Mais aujourd’hui, c’est un Projet de loi aux antipodes de cette
décision, des promesses du Président de la République et des conclusions
du Grenelle de l’environnement que soumet le Gouvernement au vote du
Parlement.
En affirmant la liberté de consommer et de produire « avec ou sans »
OGM , l’actuel Gouvernement et sa majorité parlementaire font peser un
réel risque sur l’avenir de l’agriculture sur nos territoires.
A l’issue des débats qui se sont déroulés dans l’hémicycle de
l’Assemblée nationale, nous avons obtenu que les OGM ne puissent être
cultivés que dans le respect « des structures agricoles, des écosystèmes
locaux, et des filières de production et commerciales qualifiées “sans
organismes génétiquement modifiés” et en toute transparence ».
Mais l’adoption de cet amendement a conduit à un imbroglio
gouvernemental qui démontre un manque de préparation sur ce texte et
l’absence de transparence quant aux véritables intentions du
Gouvernement en la matière.
Par ailleurs, il est à souligner que même sur les bancs de la majorité,
ce Projet de loi est loin de faire l’unanimité puisque seulement 245
députés UMP sur 316, se sont prononcés en sa faveur.
Malheureusement, en modifiant le texte en seconde lecture, le Sénat a
vidé de tout son sens l’amendement 252 que nous avions soutenu à
l’Assemblée nationale et qui garantissait la protection des filières de
production et commerciales qualifiées sans OGM.
Néanmoins, pour marquer votre désaccord avec ces mesures qui vont à
l’encontre de la volonté dune grande majorité des français, je vous
invite à signer l’appel du Comité de soutien à l’amendement 252
(http://petition2.yeppa.org/index.php).
Désormais, le texte doit revenir à l’Assemblée nationale et nous
entendons continuer à défendre un projet alternatif à ce que souhaite
nous imposer ce Gouvernement.
Aussi, le Groupe socialiste et moi-même continuerons à plaider pour le
progrès au bénéfice de tous. Ce progrès n’est possible qu’en soutenant
une recherche autonome et de haut niveau afin de préserver notre
capacité d’innovation et d’expertise. C’est la raison pour laquelle il
est impératif qu’elle soit strictement encadrée et qu’elle repose
largement sur l’action publique.
Ensuite, nous estimons qu’il est indispensable qu’une agriculture
diversifiée puisse être préservée et nous déposerons en ce sens des
amendements visant à garantir un véritable choix pour les producteurs et
les consommateurs.
Enfin, en qualité de Président du Conseil régional d’Aquitaine et parce
que je considère que notre patrimoine environnemental ne doit pas être
sacrifié au profit de visées purement mercantiles, j’ai fait le choix de
soutenir une agriculture organisée autour de filières de qualité et
respectueuses de l’environnement et je continuerai à oeuvrer en ce sens.
Dans l’espoir d’avoir répondu à vos interrogations, je reste à votre
disposition et vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’assurance de ma
considération distinguée.
Alain Rousset
Député de la Gironde
Président du Conseil régional d’Aquitaine
Vous pouvez consulter le site de l’Assemblée nationale à
l’adresse suivante : http://www.assemblee-nationale.fr


